PKV vs GKV : s’orienter en tant qu’expat en Allemagne

Public ou privé ? Les principales différences en un coup d’œil

Public ou privé ? Si tu arrives en Allemagne, une chose très importante à comprendre est la suivante : la gesetzliche Krankenversicherung (GKV) et la private Krankenversicherung (PKV) ne sont pas simplement « deux fournisseurs » du même produit. Ce sont deux systèmes fondés sur une logique totalement différente.

La GKV, c’est-à-dire l’assurance maladie publique, est très standardisée et basée sur le revenu. La PKV, c’est-à-dire l’assurance maladie privée, repose sur un contrat individuel et dépend beaucoup plus du tarif choisi, de ton profil de santé et des composantes que tu sélectionnes.

Cet article a surtout pour but de te donner une première vue d’ensemble claire : que signifient concrètement ces termes ? Qui a réellement le droit de choisir ? Et où se situent les différences fondamentales en matière de cotisations, d’accès et de garanties ?

Une fois ce cadre compris, l’étape suivante devient beaucoup plus logique : qu’est-ce qui te convient réellement — en fonction de ton séjour en Allemagne, de tes projets familiaux, de tes priorités et de ton besoin de sécurité ?

C’est exactement pour cela que j’ai écrit l’article suivant (qui sera publié bientôt) : « Les 7 questions qui aident les expatriés à choisir raisonnablement entre GKV et PKV ». Dans cet article, tu passes en revue pas à pas les principaux critères de décision — tu peux toujours m’écrire si tu souhaites une évaluation indépendante en français.

Mais d’abord :

 

L’essentiel en 60 secondes

GKV = gesetzliche Krankenversicherung = assurance maladie publique

  • Tu paies une cotisation qui dépend en principe de tes revenus.

 

  • Si tu es salarié et que tu gagnes moins que la Jahresarbeitsentgeltgrenze (JAEG) (prononcée “yecq”) — le seuil annuel de revenu au-delà duquel l’assurance obligatoire cesse de s’appliquer — fixé à 77 400 € par an en 2026 (soit environ 6 450 € par mois), tu es pflichtversichert — assuré à titre obligatoire. Cela signifie que tu peux uniquement adhérer à la GKV, et non à la PKV.

 

  • Si, en tant que salarié, tu gagnes au-dessus de la JAEG, tu es freiwillig versichert dans la GKV, c’est-à-dire assuré à titre volontaire. « Volontaire » signifie ici que tu peux rester dans la GKV, mais que tu es aussi autorisé à passer à la PKV. Les travailleurs indépendants affiliés à la GKV sont toujours assurés à titre volontaire.

 

  • Le taux général de cotisation est de 14,6 % de ton revenu brut, auquel s’ajoute une contribution complémentaire appelée Zusatzbeitrag, qui varie selon la Krankenkasse, c’est-à-dire ton organisme d’assurance maladie publique — la caisse si tu veux. En 2026, cette contribution complémentaire s’élève en moyenne à 2,9 %.

 

  • Il existe de nombreuses Krankenkassen. Tu es libre de choisir ta caisse et, en principe, tu peux en changer tous les 12 mois. Ces assureurs doivent accepter tout le monde selon le principe social, quel que soit l’état de santé de la personne. Cela s’appelle le Kontrahierungszwang — une obligation légale d’acceptation.

 

  • Les prestations proposées par l’assurance maladie publique sont définies à environ 90–95 % par la loi, ce qui signifie qu’il existe relativement peu de différences entre les caisses.

 

  • Si tu es assuré via la GKV, tu cotises également à la gesetzliche Pflegeversicherung — l’assurance publique dépendance. Cette cotisation se situe actuellement entre 3,6 % et 4,2 % de ton salaire brut. Au total, cela représente donc des cotisations moyennes d’environ 21,7 % du salaire brut dans le cas d’une personne sans enfant de plus de 23 ans. 

 

  • Pour les salariés, employeur et salarié se partagent généralement à parts égales les cotisations d’assurance maladie et de dépendance (sauf en Saxe, où le partage pour l’assurance dépendance est légèrement différent). Les indépendants (travailleurs autonomes) doivent payer eux-mêmes la totalité.

 

  • Les cotisations ne sont calculées que jusqu’à un certain plafond de revenu appelé Beitragsbemessungsgrenze — le plafond de revenu pour les des cotisations. En 2026, il s’élève à 69 750 € par an. La cotisation maximale moyenne en 2026 s’élève donc à 1261,31 € par mois. Comme ce plafond augmente généralement chaque année, les expatriés ayant des revenus plus élevés finissent eux aussi par payer davantage de cotisations GKV, même si leur salaire n’augmente pas.

 

 

PKV = private Krankenversicherung = assurance maladie privée

  • Ce système est entretenu par des compagnies d’assurance privées.

 

  • Chaque compagnie propose ses propres tarifs et modules de garanties, avec ses propres conditions contractuelles et formulations (Bedingungswerke). Par conséquent, les écarts de couverture entre deux contrats peuvent être considérables. Contrairement à la GKV, le choix de l’assureur et du tarif est ici absolument décisif.

 

  • Tout le monde ne peut pas adhérer à la PKV à n’importe quel moment. Pour les salariés, des règles de revenus s’appliquent : en 2026, ton revenu brut annuel régulier doit dépasser la Jahresarbeitsentgeltgrenze (JAEG) de 77 400 € par an (environ 6 450 € par mois). Les travailleurs indépendants ont généralement le libre choix.

 

  • Contrairement à la GKV, les assureurs privés peuvent décider eux-mêmes s’ils souhaitent t’assurer et à quelles conditions. C’est pourquoi un courtier spécialisé effectue généralement une Risikovoranfrage — une demande préalable d’évaluation du risque — auprès de plusieurs assureurs et combinaisons de tarifs adaptés. Sur la base d’un profil de santé anonyme, les assureurs décident ensuite s’ils t’accepteraient et, le cas échéant, à quelles conditions.

 

  • La cotisation que tu paies dépend principalement de l’assureur, du tarif choisi, de ton âge, de ton état de santé et, le cas échéant, de ton Selbstbehalt — franchise.

 

  • Si tu souscris une PKV, tu dois également souscrire une Pflegepflichtversicherung — assurance dépendance obligatoire — en plus de ton assurance maladie privée. La cotisation est calculée selon des règles actuarielles définies par la loi, mais pour les revenus élevés elle est généralement beaucoup inférieure à celle de la GKV.

 

  • Dans la PKV, employeur et salarié partagent eux aussi généralement la cotisation, de manière approximativement égale, selon la structure du tarif. Les indépendants doivent là encore payer la totalité eux-mêmes.

 

Ce que tu dois savoir en tant qu’expatrié

Sujet GKV (assurance maladie publique) PKV (assurance maladie privée)
Principe de base Principe social : « la même chose pour tous » (fortement standardisé) Principe individuel : « adapté à toi » — c’est toi qui choisis ce qui est couvert
Fonctionnement des cotisations Cotisation en pourcentage du revenu plus contribution complémentaire ; tendance structurelle à la hausse, surtout pour les hauts revenus Cotisation dépendant du tarif, de l’âge, de l’état de santé et de la franchise ; tu la modules via les options et composantes
Participation de l’employeur Salariés : l’employeur paie 50 % des cotisations maladie et dépendance (avec une petite différence en Saxe) Salariés : reçoivent généralement aussi une participation de l’employeur, dans les limites légales et selon le tarif
Acceptation Acceptation même en cas de maladie grave ou de besoin de soins Sélection médicale : l’acceptation et les conditions dépendent de ton profil de santé ; une demande préalable anonyme est donc judicieuse
Garanties — quelle ampleur des différences au sein du système lui-même ? Environ 90–95 % défini par la loi ; peu de différences entre organismes Le tarif détermine tout : les différences entre tarifs sont énormes ; une assurance privée haut de gamme peut aller bien au-delà d’une assurance privée d’entrée de gamme ou de la GKV en soins ambulatoires, hospitalisation, dentaire et technologies médicales
Réserves / financement Système de répartition : les plus jeunes et les plus sains financent les plus âgés et les plus malades ; pas de réserve individuelle Système capitalisé avec réserves — les cotisations d’aujourd’hui contribuent à financer les coûts futurs
Santé du système Fortement affectée par l’évolution démographique, ce qui crée une pression structurelle sur les cotisations Système qui accumule des réserves, ce qui peut te donner un certain contrôle sur les cotisations futures
Demain et les années suivantes (risque système) Historiquement marqué par des réformes répétées, des mesures d’économies et des restrictions de prestations Protection définie contractuellement : le niveau de couverture est juridiquement fixé
Co-paiements / franchise Co-paiements typiques pour les médicaments, séjours hospitaliers, aides techniques et thérapies Franchise généralement librement choisie, si tu en souhaites une
Soins ambulatoires (médecins / médecine de pointe / médicaments) Soins standard dans le cadre du système Selon le tarif : accès à une médecine de très haut niveau, traitements plus récents et plus large choix de médecins
Hospitalisation Prestations hospitalières standard Selon le tarif : options supplémentaires comme chambre individuelle ou double et traitement par médecin-chef ou spécialiste choisi
Dentaire Niveau de base ; souvent avec co-paiements ou limitations Selon le tarif : garanties dentaires souvent nettement supérieures
Remboursement En général aucun Souvent possible : remboursement d’une partie de la prime si tu ne fais pas valoir de prestations, selon le tarif et l’assureur
Couverture mondiale / départ à l’étranger Principalement axée sur l’Allemagne et, dans une certaine mesure, l’Europe Selon le tarif : une couverture mondiale peut être possible, ce qui est particulièrement pertinent pour les expatriés
Partenaire / enfants Dans certaines situations, le partenaire et les enfants peuvent être couverts sans cotisation supplémentaire Les enfants et les partenaires à faible revenu ne sont pas couverts gratuitement ; ils ont généralement besoin d’un contrat et d’une cotisation propres
Changer d’assureur Tu peux en principe changer d’organisme tous les 12 mois On ne change généralement pas d’assurance maladie privée ; il faut donc concevoir le contrat dès le départ de manière durable, avec les bonnes options, composantes et une bonne stratégie

Conclusion

Comme tu auras sûrement remarqué : GKV et PKV suivent des règles différentes, créent des possibilités différentes et entraînent des conséquences différentes — aujourd’hui, mais surtout plus tard.

Une fois que tu as compris cette logique de base, tu as déjà une longueur d’avance sur la plupart des expatriés. Dans le prochain article, je te montrerai les 7 questions concrètes qui t’aideront à déterminer quel système peut être plus apte ta situation spécifique d’expatrié.

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Max

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